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 Pirates de sang

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Azazou
Plume méfiante
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Messages : 34
Date d'inscription : 30/01/2011
Age : 22
Genre Littéraire : Science-Fiction / Policier / Historique / Aventure / Réaliste

MessageSujet: Pirates de sang   Mer 2 Fév - 21:30

Voilà encore un autre de mes autres projets, Pirates de sang !
Mes parents m'ont très souvent répété que si je voulais quelque chose, on n'était mieux servi que par soi-même. Donc, comme à ce moment-là je ne connaissais pas beaucoup de livres d'aventure comme celles des pirates du 17e, eh ben j'ai décidé de me lancer dans la rédaction de ce texte Smile. Et puis les pirates m'ont toujours passionné (cf l'article "Divers" sur le blog dédié).
Ce prologue, au départ, n'existait pas. Je l'ai inventé d'un coup sur le blog. Puis j'ai trouvé qu'il ressemblait à "Les mystères de la bibliothèque", série qui m'a beaucoup marqué, donc j'ai décidé de le garder dans mon fichier et je l'ai ajouté en prologue. Donc la présentation n'est peut-être pas la bonne. Mais bref.




Un jour, alors que je visitais un ancien bateau pirate, je fus apostrophée par un vieil homme à la longue barbe mouchetée et enchevêtrée assis sur un tonneau : « Hé, jeune fille ! Comment t'appelles-tu ? ». Mes parents me répétaient souvent depuis ma tendre enfance de ne pas parler aux inconnus mais je lui révélai mon prénom, sans vraiment en avoir conscience : « Angélia. ». Je sentis que mon petit frère me tirait la manche de mon manteau. Je le regardai et fermai les yeux pour lui comprendre faire de ne pas s'inquiéter. « Et toi, jeune homme ? ». Même s'il se cacha derrière moi, il répondit « Aurèle, monsieur. » avec une voix assez portante pour son jeune âge. Le vieil homme eut un drôle de sourire. « Asseyez-vous ici, dit-il en désignant vaguement le vieux bois de la soute, je vais vous conter une très longue histoire : il y a longtemps, j'ai connu de jeunes gens qui s'appelaient comme vous, Angélia et Aurèle. ». Nous nous exécutâmes tout de go, oubliant pourquoi nous étions dans cette cale aux planches qui craquaient et où étaient nos parents qui nous suivaient constamment : nous étions prêts à entendre cette histoire, de notre histoire.
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Azazou
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MessageSujet: Re: Pirates de sang   Mer 2 Fév - 21:32

Marée 1 :
Latitude !




La vue d’Aurèle se brouillait petit à petit en se rappelant les moments les plus frappants de sa courte existence : son dur réveil dans une ruelle près d’un bar, les soirées interminables assis dans le bar en compagnies des ivrognes et des catins pendant cinq ans, l’arrivée des soldats du roi Louis XIV, une grande pagaille et l’arrestation pour cause de « piraterie ». Maintenant, il était sur le point de monter sur l’échafaud pour quelque chose dont il n’avait jamais entendu parlée. Piraterie ? Qu’est-ce que encore que ça ? Il avait bien essayé de dire aux gardes qui se trompaient sur son sujet mais ils lui avaient répondu en lui donnant des coups de chat à neuf queues, déjà utilisé de surcroît.
Il entendit un bruit sec. Il leva la tête : les cinq individus qui étaient avant lui tournaient sur eux-mêmes, raides morts. Il regarda les gardes les enlever pour faire la place aux suivants. Tandis que les quatre autres adultes montaient, Aurèle fixait le trou que formait la corde. Et dire que sa tête allait y entrer dans quelques instants ! Mais il s’avança, la tête haute. De toute façon, il ne risquait pas d’aller en Enfer avec ces quelques vols de petits pains à son actif. Tout le monde l’avait fait une fois, ou désobéit à ses parents en feignant d’être malade pour ne pas aller travailler dans les champs ou en mer. C’était plutôt les pirates qui iraient directement dans l’antre de Satan, sans même passer par la balance et leur corps allaient finir suspendu à l’entré du port dans les cages de gibet.
Pendant qu’on lui emmenait un marchepied pour qu’il atteigne la corde, il vit sa vie défiler, tout du moins le peu qui se souvenait. Il se demanda comment il avait pu survivre ses deux années, comment il était « né » dans cette rue, comment ses parents s’étaient aimés ou encore comment il aurait grandi avec ses parents. Ce n’était que des questions auxquelles il aurait peut-être la réponse devant Dieu : s’il avait été un enfant illégitime, il ne devait pas être baptisé et n’irait adonc pas au Paradis. Puis il s’interrogea sur sa mort : allait-il avoir mal ? Se dire qu’on ressentait l’âme quitter son corps devait être horrible. On pensait sûrement à tous ces moments, joyeux ou pas, à tous ces personnes qui étaient intervenues, pour aider ou au contraire hostiles, ou aux choix qui peuvent changer radicalement la vie. On regrettait sûrement de partir. Pour Aurèle, il n’avait pas pu le choix. A moins que la perte de sa mémoire était une sorte de seconde chance. Peut-être avait-il commis un crime sans le vouloir et que le Seigneur lui avait retiré ses souvenirs en croyant en sa bonne volonté.
Le jeune orphelin baissa les yeux et des larmes commencèrent à dégouliner le long de ses joues rosies à cause du vent. Cela les piqua. Il renifla pour essayer d’arrêter cette exposition publique de sentiments mais cela ne fit qu’empirer les choses. Une brise agita ses fines boucles brunes. Il ferma les yeux.

Nous voguons sur la mer libre comme l’air
Nous ne craignons rien à part nous autres paires
Nous recherchons toujours d’abondants trésors
Et d’innocents marins à enrôler au port

Les forbans restèrent à regarder étrangement ce petit qui paraissait innocent : ils attendaient avidement la suite.

Quand nous tombons sur un navire de la flotte
Notre capitaine valeureux sifflote
Parce que ce nous allons leur prendre leur rate
Sans ressentiments, nous sommes des pirates !

Ils reprirent en cœur cette chanson qu’ils avaient tant chantée autrefois : cela leur ravivait tant de bons souvenirs ! Ils ne les regrettaient pas, même si c’était de leur faute s’ils étaient sur l’échafaud. Aurèle, de son côté, se demandait pourquoi il avait chanté ça, mais surtout pourquoi s’était souvenu de cet air. Soudain, le commandant des gardes ordonna de se taire. Le même silence de plomb et chargé de mort s’abattit. Toutefois, le jeune garçon entendait une sorte de cliquetis. Il tourna la tête pour voir si cela provenait d’un des gens sur l’échafaud. Rien ne bougeait, sauf une mèche de cheveux que le vent faisait agiter. Il avait dû rêver… Par contre, il y avait bien un tic-tac d’une horloge et cela augmentait encore plus la solennité du moment. Le bourreau empoigna le manche pour les pendus.
— EN GARDE !
Ce cri déchira le calme. Les gardes, qui ne comprenaient pas, parcouraient des yeux la cour dans laquelle ils s’étaient installés pour voir un quelconque rebelle. Mais ils ne virent rien. En revanche, ils sentirent quand l’épée leur transperça le ventre.
Quand les condamnés reconnurent les couleurs du Flamboyant – du rouge-ocre avec du vert pomme –, un énorme hurlement éclata :
— Latitude ! Vive le Flamboyant !
La foule se rua vers les gardiens. Aurèle qui ne savait pas aussi ce qui se passait, observait la scène qui se jouait devant, subjugué : de vrais écumeurs des mers se battaient avec la garde royale. Bien évidement, les pirates tuaient à un rythme effréné, ne laissant pas à leurs victimes le temps de réaliser ce qu’elles vivaient. D’un côté, c’était tout bénéfique pour eux, car ils n’avaient pas à voir leurs compères se faire arracher la tête. Une idée lui vint soudainement à l’esprit : devenir pirate ! Voilà ce qu’il avait à faire. Mais il chassa vite cette idée saugrenue de sa tête, étant donné que c’était majoritairement de leur faute qu’il avait failli mourir en ce beau matin de septembre 1669. Et il n’y pensa même plus quand un de ces flibustiers tenta de lui trancher la gorge. Si quelqu’un ne s’était pas mis en travers, il y serait resté.
— Briac, pourquoi voulais-tu l’occire ?! questionna une voix féminine en colère. C’est un innocent ! Et il n’a que dix ans de surcroit !
— Pardon maîtresse… J’ai fait ce geste sans réfléchir…, répondit le matelot en baissant les armes.
Aurèle ne pouvait pas voir les deux interlocuteurs car il était derrière sa sauveuse mais devinait sans peine que celle qui l’avait sauvé possédait un lieu de parenté avec le capitaine pour que les pirates lui obéissent au doigt et à l’œil. Le jeune garçon se cacha plus encore quand le pirate qui voulait le tuer fit de grands gestes avec son épée. L’effluve de l’alcool pestait encore plus avec celle de la fumée. Bien qu’il se fût fini par s’habituer, il avait toujours des haut-le-cœur en humant ces « senteurs ». Aurèle vit des sortes de petits vers qui se dirigeaient tous vers une sorte de boule de lumière. Il n’entendit plus le bruit des corps qui tombaient lourdement sur le sol et des épées qui s’entrechoquaient, mais juste un bourdonnement sourd.
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