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 Crimes à toutes vitesses

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Azazou
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MessageSujet: Crimes à toutes vitesses   Dim 30 Jan - 16:41

[ Oh, j'inaugure cette partie du forum... Super ! ]
Bonjour, ou bonsoir.
Je tiens à vous présenter un de mes projets qui me tient à cœur. Il s'agit de Crimes à toutes vitesses (en passant, faut-il mettre des 's' à "toutes" et à "vitesses" ?). Elle se passe sur le Tour de France, en juillet 2010. Il y a cinq Jeunes Reporters, plus leur responsable, même si je trouve que l'histoire est plus centrée sur un adolescent (le plus développé, je trouve, de presque tous mes personnages confondus). J'espère qu'elle vous plaira et que vous vous prendrez au jeu Wink.
Ah, et il n'y a pas de chapitres, mais des journées, parce que sinon, ça aurait été trop rapide, je n'aurais fait que les moments forts x). Donc il y a des débuts qui se ressemblent drôlement. Et des chapitres pour rien.
Voici le prologue :




Le Tour de France ! Cet évènement me fait tellement rêver ! Enfin, en temps normal, quand les cyclistes courent pour gagner et non pour perdre et ainsi échapper à un psychopathe. Mais je n’oublierai jamais cet été, même rouge sang, parce qu’il m’a appris à apprécier ma vie comme elle est maintenant, avec mes parents qui me rabâchent ce que je dois faire, avec mes un ou deux ennemis qui ne sont pas si méchants en fin de compte ou encore avec mes grands-parents si aimants avec moi.


Dernière édition par Azazou le Lun 31 Jan - 19:34, édité 1 fois
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Azazou
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MessageSujet: Re: Crimes à toutes vitesses   Dim 30 Jan - 16:45

Vendredi 2 juillet




Euphrasie trainait les pieds, à bout de force. C’était vrai qu’elle était impatiente de récupérer son accréditation due à son titre de Jeune Reporters du Tour, mais s’il fallait marcher dix kilomètres pour y accéder, non ! Déjà qu’elle s’était levée à quatre heures et demi avant de faire quatre heure de voiture et deux arrêts d’une heure pour arriver à Rotterdam, alors marcher pendant qu’elle se liquéfiait à cause de la chaleur écrasante, non merci ! Mais bon, elle avait l’habitude d’être trainée pendant des heures pour chercher quelque chose. C’était surtout à cause son père qui voulait à tout prix récupérer son accréditation le soir même après un long trajet de voiture. Oh, à Berlin, elle s’en rappelait bien, de cette première journée ! Après une très courte nuit d’à peine une demi-heure, elle avait dû prendre son petit déjeuner et se laver avec cette boule au ventre qui lui donnait envie de vomir et qu’elle avait à chaque fois qu’elle se levait tôt pour partir en vacances. Elle avait ensuite son Ipod dans les oreilles. Elle s’était privée de sa bonne musique pendant cinq jours en le rechargeant. Pour rien puisqu’au final, quand elle l’avait allumé, il n’avait plus que la moitié rechargée. La désagréable boule au ventre ne l’avait toujours pas quittée quand elle commença à dormir. Puis elle était enfin arrivée à Berlin après quinze heures de voiture dans les pieds et il fallait encore aller chercher l’accréditation de son père, à manger pour le soir et se repérer dans une ville où rare sont les gens qui parlaient français et avec une fille qui ne savait pas aligner deux mots d’allemand. Autant dire que le séjour avait mal commencé. Et à part les monuments et le plus grand centre commercial d’Europe, elle ne s’était pas trop sentie dépaysée car tout était neutre, sans vie, semblable en tout point. Andorre lui manquait ! Mais il fallait aussi voir le bon côté des choses : elle avait pu voir le premier médaillé français le soir même où il l’avait gagné et elle avait même obtenu son autographe.
La jeune fille s’amusait à ne marcher d’une rangée sur deux pour le trottoir, tellement elle était fatiguée. Soudain, un « Hourra » néerlandais brisa le silence. Elle comprit alors que les Pays-Bas menaient le Brésil ou qu’ils avaient égalisé. Quoiqu’il en soit, elle était heureuse pour ce pays prenait leur revanche sur la demi-finale de 98.
Elle marcha encore près d’une demi-heure pour enfin voir une grande affiche représentant un cycliste bleu et jaune et avec marqué « Grand départ 2010 du Tour de France – Rotterdam ». Elle leva les yeux au ciel et brandit son poing : elle était arrivée, au prix de grand effort, à trouver le Média Center !
Oubliant sa fatigue, elle courut, rattrapant ainsi son père qui, épuisé lui aussi, était cent mètres devant, et ne s’arrêta qu’une fois qu’elle eut dépassé un portique qui délimitait la zone des médias. Elle attendit ses parents puis, après avoir montré la feuille qui lui annonçait qu’elle était Jeune Reporter, elle les laissa pour aller chercher son accréditation. Elle la récupéra auprès de Sya, celle qui s’occupait des Jeunes Reporters. C’était une brune aux longs cheveux un peu bouclés à la pointe. Son nez fin en trompette s’accordait bien avec son visage rond, pareil que ses yeux bruns avec la robe verte qu’elle portait.
« Bonjour Euphrasie ! dit-elle avec entrain. Tu n’as pas trop cherché ?
— J’ai marché dix kilomètres sous un soleil de plomb, à part cela, oui je vais bien. » répondit la jeune fille avec désinvolture.
Sya rigola : il en fallait des gens comme elle dans les Jeunes Reporters pour détendre un peu l’atmosphère au sein du groupe ! Comme elle voyait que sa protégée commençait à fermer les yeux, elle coupa court à la conversation en lui donnant son accréditation et une seconde fois le lieu du rendez-vous pour le lendemain matin.
« Repose-toi bien ce soir parce que à partir de demain, tu vas avoir peu de temps à toi ! »
Et elle ne savait pas que cette année, cette phrase allait mieux s’appliquer que les précédentes…
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Azazou
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MessageSujet: Re: Crimes à toutes vitesses   Mer 16 Fév - 11:04

Samedi 3 juillet




« Fais attention à toi, répéta pour la centième fois un blond âgé d’environ soixante ans.
— Ne t’inquiète pas, Papa » répliqua son fils avec un petit sourire au coin des lèvres.
L’homme ébouriffa les cheveux de l’adolescent avant d’éclater d’un petit rire. Son fils, moins expansif, lâcha juste un petit gloussement. Il regarda ensuite sa montre.
« Il faut peut-être que j’y aille, Papa.
— Il est quelle heure ?
— Neuf heures trente-sept.
— Ah, toi et ta précision ! Quoiqu’il en soit, amuse-toi bien et oublie tous tes ennuis. Et surtout, méfie-toi des filles !
— Oui, je t’aime fort mon papa. Tu vas me manquer pendant ces trois semaines. Embrasse mon chien de ma part, aussi. » objecta le jeune homme avec une pointe d’humour dans la voix.
Le père fut pris d’une seconde rasade tandis que son fils prenait sa valise et s’en allait après lui avoir fait une dernière la fois la bise.
« Amuse-toi bien, Stéphane… » dit-il une fois que le dénommé Stéphane se soit éloigné.
Mais ce qu’il pensait n’était pas aussi joyeux que cette dernière phrase. Il se disait que si Stéphane se faisait attraper avant la fin, s’en était fichu de lui. Peut-être même pouvait-il aller en… Non. Il ne fallait pas penser ça. Stéphane avait beaucoup de chance donc il s’en sortirait quoiqu’il arrive ou il trouverait un plan. Il n’avait pas à s’inquiéter de ce fait. Il réussit à se détendre au bout de deux heures, quand il fut certain que tout était commencé pour de bon et qu’ils ne pouvaient plus revenir en arrière. Oui, cela le détendait même s’il aurait dû se produire le contraire.

« Tu vas me manquer, petite sœur. » avoua Louÿs.
Sa sœur l’enlaça une dernière fois. Elle avait toujours été proche de son frère qui, contrairement aux autres, ne se disputait pas avec elle. A part les voyages scolaires, elle n’avait jamais été séparé de lui plus d’une semaine. Alors, trois semaines, cela allait être dur, mais elle avait l’attention de lui téléphoner dès qu’elle aurait un moment de libre.
« Pour nous aussi, ma chérie. » renchérit son père, un géant de près de deux mètres avec de larges épaules.
Des larmes commencèrent à couler le long des joues de la jeune fille. Elle se jeta dans les bras de ses parents.
« Vous aussi ! » dit-elle entre deux reniflements.
Elle vit du coin de l’œil que sa grand-mère voulait dire quelque chose. Elle se dégagea de ses parents et se baissa à son niveau.
« Qu’est-ce qui se passe, mamie ? »
La vieille femme, muette après une maladie, désigna de son doigt osseux et tremblant comme une feuille le bâtiment Ahoy à grandes fenêtres tintées. Elle ouvrit vainement la bouche.
« Qu’est-ce qu’il y a maman ? s’enquit sa fille.
— Je pense qu’elle veut que Sybille y aille tout de suite. » répondit Louÿs.
A vrai dire, Louÿs voulait écourter cette séparation : il était sur le point de pleurer lui aussi. Après qu’elle eut embrassé sa grand-mère et ses parents, Sybille le serra une dernière fois.
« Je t’aime, Lou. »
Il ne répondit pas, sinon sa sœur aurait vu à l’intonation de sa voix tremblante que les larmes allaient couler une fois qu’elle se sera retournée. Mais elle aussi s’apprêtait à pleurer donc elle se dépêcha de prendre sa valise et de s’éloigner au plus vite.

La séparation entre François et ses parents ne fut pas ponctuée de pleurs, ne fut pas composée exclusivement d’embrassades et d’étreintes ou ne dura pas des heures. Non. M. et Mme Lemour embrassèrent leur fils une fois et lui souhaitèrent un bon voyage. Tous les trois étaient habitués à se séparer, souvent au moment des grandes vacances, vu que François partait souvent en colonies spéciales pour sportifs.

Le plus heureux de quitter ses parents devait sous doute être Timothée : il allait réaliser le dernier souhait de son grand-père ! Il était tellement fier en ce moment, plus que quand il se disait qu’il descendait d’un peuple qui cuisinait si bien les moules et les frites. Il l’aimait si fortement qu’il lui avait promis de faire tout ce qu’il allait lui demander ; et il lui avait demandé de s’intéresser au Tour de France. Maintenant, il devait dire au revoir à sa famille.
« Nourris bien Gribiche, Sandro. »
Son jeune frère hocha vivement la tête. Puis Timothée s’adressa à sa petite sœur qui dormait dans les bras de sa mère.
« Rêve de Lia, elle a besoin d’amour… »
Il lui déposa un baiser sur le front tout plissé. Il s’adressa ensuite à ses parents : sa mère était plus occupée à regarder de sa petite sœur et son père le regardait fièrement.
« Tu vas beaucoup nous manquer, Timothée.
— Vous aussi. » avoua-t-il en baissant les yeux.
Soudain il se sentit coupable d’abandonner sa famille. Sa mère allait être surchargée entre son cabinet de médecine et Ambrisa ; son père ne pourrait pas accompagner Sandro au terrain de sport vu son poste dans l’entreprise d’équipement pour la montagne ; ses deux Chartreux, son Cavalier King Charles spaniel, ses trois lapins et sa perruche n’allaient pas se nourrir tous seuls aussi et personne ne savait mieux que lui quelle était la bonne dose à leur donner.
Son père le sortit de sa profonde réflexion en agitant sa main devant son nez :
« Timothée, c’est l’heure…
— Ah oui ! Désolé. Je vous aime et si jamais il y a un problème avec mes animaux, téléphonez-moi, quelque soit l’heure ! »
Puis il prit son sac et s’en alla vers le bâtiment Ahoy.

Euphrasie ne comprenait pas ses parents qui n’arrêtaient pas de pleurer. C’était vrai qu’elle partait pendant trois semaines loin d’eux, mais ce n’était pas la mort non plus. Ils allaient se revoir et se téléphoner, de toutes manières. En plus, ses parents lui faisaient honte à pleurer comme des madeleines.
« Bon, Papa, Maman, arrêtez là ! Les gens nous regardent ! » se plaignit-elle vainement.
Elle dévisagea sa petite sœur Tia avec un regard implorant, et soupira. Mais elle attendit que ses parents se rendent compte que les gens s’étaient arrêtés pour les regarder avec un œil bizarre.
« Voilà, cela vous a-t-il suffit ou voulez-vous encore mettre la honte à votre fille ?
— Calme-toi Euphrasie ! » tonna son père, attirant ainsi d’autres coups d’yeux.
La jeune fille rentra la tête, vraiment rouge de honte : décidément, ses parents allaient lui faire honte jusqu’au dernier moment !
Tellement elle était furieuse, elle ne leur fit même pas la bise, juste à sa sœur puis s’éloigna à grandes enjambées. Elle entendait sa mère crier car sa fille ne lui avait pas dit au revoir et son père dire que c’était vraiment gamin de réagir comme cela. Mais cela importait peu à Euphrasie, elle allait enfin être tranquille pendant trois semaines entières.
Pour elle, c’était synonyme de changements. Mais aussi d’aventures, avec un grand « A ».
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MessageSujet: Re: Crimes à toutes vitesses   Mer 16 Fév - 11:06

Samedi 3 juillet (suite)




« Bonjour, chers Jeunes Reporters, débuta Sya. J’espère que vous vous êtes bien reposés, parce que les choses sérieuses commencent maintenant. Je propose que vous vous représentiez une autre fois, étant donné que cela fait presque un mois que vous ne vous êtes pas vu. Qui veut démarrer ? » demanda-t-elle en s’asseyant.
Euphrasie, qui était assise à côté de Sybille, se proposa. Elle se positionna devant les autres, tous assis. Elle se rappelait de tous les prénoms et de leurs origines : Timothée, le Belge, était à côté de François, le Breton, Sybille, qui venait de Bourges, et seul Stéphane était plus à l’écart, perdu dans ses pensées. Elle ne savait pas d’où venait cette faculté de retenir ces détails, mais c’était un peu encombrant et des fois, elle se demandait même si elle avait vraiment fait telle ou telle choses vu qu’elle était la seule à ce souvenir et qu’elle ne possédait qu’une bride. Ou encore quand elle s’était disputée avec une personne un jour et qu’elle se demandait pourquoi la personne en question venait lui dire bonjour le lendemain.
Elle voulut commencer sa présentation, mais elle ne savait pas par quoi commencer. Elle interrogea du regard Sya qui hocha simplement les épaules.
« Je ne sais pas moi, rétorqua-t-elle. Tu dois bien savoir quand même ! Comment as-tu fait pour la journée de recrutement ? » fit-elle, plus en reproche qu’en question.
Même si elle savait parfaitement qu’il fallait plusieurs jours pour voir si on allait détester ou aimer quelqu’un, le temps de se connaître, elle comprit à ce moment-là qu’elle détesterait Sya. Elle n’avait pas à juger aussi facilement après dix minutes de retravailles – quoiqu’ils s’étaient déjà rencontrés une demi-journée au mois de juin – mais elle était un tantinet susceptible à la moindre remarque.
« Bon. Je m’appelle Euphrasie, j’ai… quinze ans ? Oui. J’habite à Saint-Denis et j’aime bien rire avec mes amis. C’est tout, il me semble. »
Elle se tourna une nouvelle fois vers Sya et celle-ci secoua la tête et soupira profondément. La brune fit quand même un grand sourire à son attention et alla se rasseoir. Timothée prit ensuite la parole.
« Je pense que mon accent belge va vous agacer un peu, mais essayez de faire avec. Sinon, j’aime bien m’occuper de mes animaux au même titre que ma petite sœur et mon petit frère. Il me semble que je suis aussi le plus petit, vu que je suis né en 1996.
— Merci bien Timothée, remercia Sya. A qui le tour ? demanda-t-elle en fixant à tour de rôle Sybille et François, Stéphane étant dans son angle mort.
— Moi ! » dit subitement François en voyant que Sybille rougissait rien qu’en pensant être la cible de si bon matin.
Le jeune blond était ce qu’il y a de plus galant, surtout quand il s’agissait de séduire les filles et ses débuts de musculation commençaient aussi à servir quand il voulait se montrer plus âgé. Cependant, peu de filles acceptaient de sortir avec lui en prétendant qu’elles avaient peur que la fidélité ne semble pas être son fort. Heureusement, il n’était pas du genre à se lamenter pendant des heures et pensait vite à autre chose en se défoulant à la course ou au rugby.
« Même si le temps n’y est pas très propice pour faire de l’escalade, du football ou encore du vélo, j’habite depuis ma naissance en Bretagne. J’ai une grande sœur que je ne vois quasiment jamais et un appareil photo que je bichonne car il contient la clef de mes souvenirs. »
Stéphane leva les yeux au ciel, écœuré par tant de poésie venant de la part de ce… ce fielleux. Mais il essaya de ne pas penser à ça, il était en « vacances ».
Ce fut au tour de Sybille. Elle était grande aux longs cheveux bruns. Elle portait une magnifique robe verte avec des fleurs brodées. Tous les garçons à part Stéphane qui était indifférent, la regardaient avec des yeux ronds et Euphrasie, qui n’était pas très calée question mode, savait que c’était une création originelle de sa propre main.
« Sybille Pullion, seize ans, créatrice de vêtements à ses heures perdues. J’aimerai faire chroniqueuse de mode et créer ma propre marque de vêtements plus tard.
— Le Tour de France va te faire un avant-gout je pense. » commenta Sya.
Sybille la gratifia d’un sourire et alla se rasseoir. Sya attendit une ou deux minutes puis, voyant que Stéphane ne se bougeait pas de sa chaise, se tourna vers lui.
« Alors, tu es déjà fatigué Stéphane ? Tu sais, tu aurais pu laisser ta précieuse place à quelqu’un de plus méritant que toi. »
Stéphane leva un regard vert déterminé vers cette femme qui ne lui inspirait aucune confiance. Malheureusement, il se rappela qu’il était Jeune Reporter et qu’il devait lui obéir. Sinon… Non. Il ne préférait pas y penser. Il laissa sa chaise pour se rendre devant. Pour réfléchir, il fixa un point invisible situé au dessus de la tête d’Euphrasie.
« Mes parents m’ont appelé Stéphane il y a un peu plus de quinze ans. Mes parents me laissent souvent sortir avec mes amis, ainsi que dessiner calmement dans ma chambre. C’est un vieil ami de mes parents qui m’a transmis sa passion pour le vélo. »
Les Jeunes Reporters se lancèrent des regards à la fois interrogateurs et à moitié apeurés : sa façon de dire son premier et dernier « mes parents » avaient quelque chose de menaçant et son deuxième « mes » et son « ma » une certaine mélancolie dans la voix. Sya resta à l’observer quelques instants, comme si Stéphane lui faisait peur.
« Et tu n’as pas oublié de rajouter une chose assez cocasse, par hasard ? » demanda Sya.
Stéphane tourna vivement la tête et, de ce fait, son œil droit fut caché par ses cheveux châtains soyeux. Ses yeux lançaient des éclairs.
« Non, répondit-il avec un ton dur et sans équivoque.
— Merci pour vous êtes présentés une seconde fois, dit-elle une fois que Stéphane fut à sa place. Maintenant, nous allons vite déposer vos bagages dans votre camion attitré et nous pourrions enfin commencer le travail ! »
Les adolescents, après avoir pris leur valise ou leur sac, suivirent leur responsable à travers les différentes allées jonchées de fils. Ils arrivèrent enfin à un grand camion où le logo des Jeunes Reporters apparaissait sur chacune des faces latérales. Sya ouvrit la porte avec un trousseau de clef où pendait un porte-clefs du grand départ de Rotterdam. Elle se mit devant la porte et agita le trousseau.
« Il n’y aura que moi qui possédera la clef du camion, plus le chauffeur. Si quelqu’un a un problème, il faut qu’il ait toujours une autre personne qui reste avec lui pour ouvrir la porte, car on peut aussi l’ouvrir de l’intérieur.
— Je pense que si c’est Stéphane qui a un problème, c’est moi qui irai la chercher… » souffla François à l’attention de Timothée.
Le jeune garçon regarda avec des grands yeux ronds son ainé.
« Quoi ? Je pense qu’on ne va pas trop s’aimer tout les deux. » se défendit le sportif.
Timothée secoua faiblement la tête, comme pour signaler que ce comportement était un peu puéril. Il regarda ensuite Stéphane pour vérifier qu’il n’avait pas entendu. Bras croisés sur la poitrine et yeux à moitié clos, il fixait Sya mais quelque chose dans son regard l’interpella : dans la salle, on aurait dit qu’il lançait des éclairs ; là, il était un peu absent. Stéphane glissa une main dans sa poche et le Belge vit qu’il serra le poing, peut-être sur un bout de papier, il ne savait pas trop.
« Vous avez... une bonne demi-heure pour découvrir votre nouveau lieu de vie pour trois semaines ! » dit Sya en regardant son montre bleu marine à son poignet droit.
Elle laissa les adolescents seuls pour se rendre, elle, vers la cabine du conducteur où sa partie réservée se trouvait juste derrière. Les cinq Jeunes Reporters entrèrent donc.
Tout de suite à leur gauche, il y avait un magnifique vase chinois aux fleurs bleues. A leur droite et sur cinq mètres, des étagères, vides pour la plupart mais dont plusieurs contenait des petits bibelots. Une grande table avec au moins dix chaises au tour reposait au centre de la pièce principale. En face de la table où ils allaient sûrement écrire leur journal, différents tableaux représentant tous des cyclistes ou des vélos étaient accrochés au mur. Devant l’entrée d’une chambre, un baby-foot attendait gentiment que les prochains occupants du camion refassent la coupe du monde. La chambre, qui devait être celle des filles vu qu’il n’y avait que deux lits et deux bureaux, avait la forme d’un L renversé et possédait même une salle de bain. Euphrasie prit le lit le plus au sud ainsi que le bureau, Sybille dut prendre le lit le plus près de la porte où, de chaque côté, des cousins mous prenaient la poussière. En sortant de la chambre des filles, ils avaient une vue directe sur le canapé sur lequel on pouvait s’asseoir pour regarder la télé après une dure journée de travail ou poser ses pieds sur la petite table basse. Les Jeunes Reporters découvrirent ensuite la chambre des garçons qui donnait directement sur un lit. Stéphane y fut assigné d’office, vu cela lui passait par-dessus de la tête. Il prit aussi possession du bureau qui se trouvait juste au pied du lit. Le bureau et le lit de François se trouvait à gauche quand on entrait dans la pièce, après l’espace de Stéphane. Au fond, il y avait aussi des cousins et en face Timothée installa ses affaires. C’était la place idéale si on avait la diarrhée la nuit.
Quelques secondes après que les Jeunes Reporters se soient retrouvés dans la pièce commune, Sya revint.
« C’est bon, jeunes gens ? demanda-t-elle, même si elle aurait fait abstraction de la réponse non.
— Oui.
— Bien. Je vais vous laisser pour votre première journée. Gardez toujours votre accréditation en vue et votre appareil photo à porter de main. Essayez d’être au moins deux quand vous partez en quête de l’information… Je vous donne rendez-vous ici à vingt heures au plus tard. »
Cela les laissait libre environ dix heures. Certains parents pouvaient trouver ça un peu irresponsable de sa part, étant donné qu’ils se connaissaient à peine et que c’était tout nouveau pour eux, mais Sya fonctionnait comme cela depuis le début et elle n’avait jamais eu de problèmes particuliers. Elle leur donna quand même son numéro de téléphone puis partit rejoindre ses collègues. Les Jeunes Reporter restèrent là, à se regarder. Finalement, Stéphane s’en alla, seul, les mains dans les poches. Aucun n’essaya de le retenir, surtout pas François.
« Bon débarras » murmura-t-il.
Ils se séparèrent, Euphrasie avec Sybille et Timothée avec François, pour leur première exploration des coulisses de cet évènement exceptionnel…
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MessageSujet: Re: Crimes à toutes vitesses   Mer 16 Fév - 11:08

Samedi 3 juillet (suite)




Sya tomba comme une pierre sur sa chaise réservée dans la salle communale où tout le monde se réunissait pour parler de choses diverses. Ses collègues lui demandèrent comment c’était passé la première matinée.
« Euphrasie n’a pas l’air pas très sûre d’elle mais je pense qu’à la fin, elle finira par prendre confiance en elle. Je pense que Timothée sera le rigolo de la bande, François sûrement le leader vu son profil et Sybille celle qui tirera la sonnette d’alarme s’ils vont trop long. Ils méritent tous leur place parmi les Jeunes Reporters.
— Il n’y en a pas un cinquième ? s’interrogea Abriel, un jeune journaliste.
— Stéphane ? Tu ne me parles pas de celui-ci ! Il m’énerve déjà !
— Déjà ?
— Oui. D’abord, il a fallu que je le sonne pour qu’il aille se présenter et quand j’ai voulu qu’il dise quand il était né, il m’a regardé comme s’il voulait me tuer.
— Et il est né quand ? s’enquit Célyan, un caméraman.
— Le premier juillet 1995.
— Il était prédestiné à faire Jeune Reporter lui. »
Sya haussa simplement les épaules : si le choix n’avait tenu qu’à elle, elle le n’aurait pas pris. Mais bon, maintenant, il fallait faire avec. Et puis une personne sur cinq, ce n’était pas la mort non plus.

« Je crois que j’ai fait une très grosse connerie. » répéta Stéphane en regardant le petit médaillon en forme de cœur.
A peine une matinée et il la regardait déjà. Il était décidemment une peine perdue. Mais en un sens, cela lui donnait le courage : si les autres le découvraient, il irait les rejoindre et ça, il ne le voulait pas ! Du moins pas tout de suite. Au moins jusqu’à la deuxième journée de repos S’il réussissait ça, cela serait déjà une grande victoire pour lui. Il obligea ses pensées à retourner au médaillon. La chaîne était fine mais ne s’était jamais cassée depuis toutes ces années – ce qui faisait un peu plus de quinze ans maintenant –, le petit diamant comme cœur d’une fleur n’avait pas été endommagé et la photo n’avait pas bougé. Si jamais il voulait regarder la date à laquelle elle avait été prise, il lui était possible d’ouvrir le cœur par derrière et ainsi voir les six chiffres et la ville écrits à la main, ces deux écritures qu’il chérissait tant. Même s’il n’était pas très bon tricheur, il aurait pu les imiter les yeux fermés vu le nombre de fois qu’il les avait observés pour sourire, se calmer, se souvenir, se donner du courage ou encore pleurer. Il ne savait pas pourquoi mais la photo – ou le médaillon en lui-même – lui procurait toutes ses sensations pourtant contradictoires.
« Quand commencerons-nous ? » demanda une voix.
Stéphane sursauta violement et rangea vivement le cœur dans sa poche. Il se releva discrètement en s’aidant du mur où il était appuyé et s’avança furtivement vers le rebord. De là, il pouvait bien voir les deux personnes qui discutaient : deux hommes. Le premier, celui qui avait posé la question, était de dos pour le jeune homme mais il voyait bien qu’il avait de l’embonpoint et était affublé d’un très large survêtement avec une veste kaki infâme. L’autre était plutôt grand et avait le style militaire : cheveux noirs coupés court, habillé avec seulement un survêtement noir, lunettes de soleil noires, muscles bien visibles et traits durs.
« A partir de la troisième étape, enfin, à partir de lundi la roue commencera à tourner, et ce dans tous les sens. » répondit le militaire avec un sourire aux lèvres.
Il regarda dans la direction de Stéphane et celui-ci se plaqua le plus possible au mur. Heureusement, le militaire changea vite mais l’adolescent resta comme ceci. Il entendit les deux personnes s’éloigner mais attendit avant de risquer un regard pour voir s’ils étaient vraiment partis. Il décida de marcher pour se changer les idées et pour essayer de trouver une autre information plus croustillante ou plus réjouissante.
Cependant, son esprit cherchait vainement le sens de la conversation qu’il venait de surprendre. La dernière phrase – expression plutôt – lui rappelait quelque chose. C’était une formule dont il n’avait pas très bien compris quand il l’avait entendu la première fois. D’ailleurs, il ne se souvenait même plus de cette fois. Peut-être avait-il eu peur comme à ce moment en entendant cette voix rogue, car il l’avait déjà ouï quelque part. Peut-être même avait-elle prononcé l’expression en question. Il ne se rappelait plus, malheureusement. Quoiqu’il en soit, il avait la peur au ventre, et ce pour plusieurs raisons. Il avait peur qu’il se lie avec les autres Jeunes Reporters. Il avait peur de la conversation qu’il avait entendu. Il avait peur du « militaire ».

« Voilà ! s’exclama joyeusement Sya en posant sur la table le repas chinois pour les Jeunes Reporters. Alors, comment s’est passé votre première journée ? demanda-t-elle en prenant la première place de libre.
— Nous avons voulu interviewer Cancellara, mais nous n’avons même pas pu s’approcher ! se plaignit Timothée.
— La prochaine fois, affirmez-vous un peu plus. Nous vous avions prévenions qu’il fallait être d’attaquer dès le prologue. Et vous les filles ?
— Rien de spécial, malheureusement. »
La responsable, s’imaginant que Stéphane avait dû faire équipe avec les garçons, ne lui posa pas de question.
Après s’être tous servis, les adolescents mangèrent tout en bavardant gaiment, sauf Stéphane qui était encore perdu dans ses pensées. Il ne regarda même pas le foot, car il alla directement se mettre au lit.
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