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 Souvenirs de mon enfance - Nouvelle

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Valciphie
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Date d'inscription : 05/12/2010
Genre Littéraire : Réaliste, historique, fantastique

MessageSujet: Souvenirs de mon enfance - Nouvelle   Mar 7 Déc - 19:38

J'ai écris ce texte pour un concours (sans prétention, que j'ai gagné) et il figure dans un des recueils du forum aujourd'hui en vente. Donc voilà, c'est mon premier texte poster. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez.


Là, sur mon siège le temps me paraît si long. Si interminable.. Il semble s'être passé des heures remplaçant ses éternels secondes qui s'écoulent lentement. J'ai cette impression d'être calé dans un temps, celui d'aujourd'hui. Où je passe mes longues journées installé dans un rocking-chair ayant traversé les générations, tandis que les bruits d'une vieille maison me bercent. Mami faisait tendrement la cuisine, Julien jouant aux petites voitures à l'étage, Margot chantant doucement dans sa chambre, ma fille Charlotte dont les soupirs ne sont adressés qu'à sa broderie et mon gendre Charles qui sagement lit le journal en face de moi. Cette maison est gorgée de souvenirs, tous lié à mon enfance. J'ai l'impression d'y être lorsque j'entends ses sons à mes oreilles aujourd'hui. Comme si... Comme si je rajeunissais de quarante ans.

L'odeur qui chatouillait mes narines en entrant dans le salon était celle des épices que faisait cuire Maman avec amour. J'enlevais mes chaussures dès mes pieds passés la porte. Celle-ci grinçait avant de claquer, ma mémoire d'enfant ne se souvenant jamais des réprimandes de mon père qui disait clairement d'accompagner la porte au lieu de la laisser tomber. Je déposais mon cartable en cuir carré contre le porte manteau où était déjà accroché toutes les vestes de ma mère ainsi que la seule et unique de mon père. J'y pendais la mienne, je n'en avais qu'une. Elle me faisait les quatre saisons. Et lorsqu'enfin, elle devenait trop petite, ma mère, si brave et gentille, m'en cousait une nouvelle. Elle y mettait du cœur et j'étais toujours fier de son travail. Elle y passait du temps et méritait qu'on la récompense. Je tâchais donc d'être aussi sage qu'une image et de ramener des notes exemplaires dans toutes les matières.

Mes chaussettes caressait le sol froid; notre carrelage marron. Je me dirigeais sans hésiter dans la cuisine, sans faire de bruit, pour arriver derrière ma mère et l'effrayer comme je m'amusais à faire souvent. Elle sursautait violemment, laissant parfois échapper de sa main la cuillère en bois qu'elle utilisait pour remuer la soupe, puis riais en m'embrassant. Ce bisou que les copains disait répugnant mais que j'aimais tant ! J'en avais droit à qu'un, je le savourais doucement. Ma joue restait marquée par cette trace de rouge à lèvre que mon père effaçait lorsqu'il rentrait du travail. Je m'installais ensuite à table alors que ma douce maman me servait mon goûter. Un quart de pain avec une barre de chocolat qu'elle allait acheter spécialement pour moi à l'entrepôt de l'autre bout de la ville. Elle s'asseyait en face de moi, le sourire aux lèvres et les pommes de terres sous la main, et m'interrogeait sur ma journée tout en épluchant les patates. Sa facilité à faire trente-six choses à la fois me fascinait ! Je répondais toujours que tout allait bien, je n'avais chercher des noises à personnes, je ne m'étais pas battue, j'avais écouté la professeur, que les filles étaient toujours aussi agaçantes avec leur façon de traîner autour de nous lorsqu'on jouait à la balle. Elle riait lorsque je disais cela et me répondais toujours que c'était leur façon d'être amoureuse. Si j'avais su.. Je ne croyais pas en l'amour qu'elle me racontait, mes deux parents tenaient deux discours différents. Qui croire ? L'homme de la famille, pourtant si amoureux de ma mère qu'il en aurait parcouru le monde ? Ou la femme de la maison, celle si aimant et décrochée qu'elle en aurait décroché les étoiles pour ses hommes ? Dans tous les cas, je n'étais qu'un petit garçon de onze ans qui préférait jouer avec les copains que m'occuper des filles qui s'amusait à nous tourner autour. Quelle était cette manie, d'ailleurs ! Ma mère riait de mon incrédulité, je boudais toujours lorsque je la voyais faire ceci : se moquer ouvertement de moi. Mais qu'elle était belle lorsqu'elle riait. Ma mère, je crois, était la plus belle femme que je n'eus jamais vu. Avec ses boucles blondes et ses yeux noisettes. Mon père avait ''récupéré'' la plus belle, il pouvait en être fier ! Et il l'était. Fier de la regarder. De temps en temps, je le voyais la détailler. Pas de cet œil inquisiteur. Non, de cet œil admiratif. Au dessus du journal, il jetait un œil à cette femme qui était sienne. J'étais attendri par l'amour qu'il se portait. Toutes les familles n'étaient pas ainsi et je me félicitait d'avoir la mienne. Heureuse. Comblée. Vivante.

Mon père rentrait tard le soir. Il faisait nuit déjà lorsqu'on entendait la porte se fermer. J'avais déjà mangé et je l'attendais sagement sur une marche de l'escalier, observant de loin ma mère broder. Sa toile était blanche et elle piquait pour former de jolis dessins. Je ne me laissais de cette vue. Ces petites lunettes sur le bout de son nez, elle faisait plus vieille. Mais lorsque mon père arrivait, elle les enlevaient et souriait à cet homme. Lui aussi avait un sourire magnifique, lui aussi était le plus beau ! Mais j'aurai dit le plus fort. Il travaillait dur pour nous et se démenait comme il pouvait pour nous faire vivre. C'était un brave et courageux, avec un cœur profond. Je ne pu le prendre dans mes bras qu'une fois. Lorsque je fus reçu chez mon premier patron. Un serrurier, j'avais quatorze ans. Il était si fier de ma débrouillardise qu'il m'avait embrassé. Un baiser indélébile. Je me souviens des mots qu'il avait prononcé, ma mère en avait les larmes aux yeux, commençant par ce nom qu'il me donnait ''Fils'', me rappelant mon rang. J'étais fier de l'être. Son fils. Je me souviens si bien... Je me souviens de tout.

Même de ces balades le dimanche après-midi. C'était le jour de repos de mon père. On sortait donc sur les bords de la rivière. On montait tous les trois dans notre petites voitures noires, la seule qu'on possédait, et mon père nous conduisait le long de la Loire. Il s'arrêtait au cours des 50 Otages et nous longions comme ça le bord de l'eau pendant des heures, à pied. Mes parents se tenaient la main, tout en discutant. Souvent, ma mère racontait les ragots du village, où elle se rendait tous les matins. Tante Charlotte qui avait vendu sa maison à Nantes pour venir s'installer à Joué sur Erdre. Cela faisait une trotte mais elle préférait la campagne plutôt que la ville. Des fois, c'était le contraire. Oncle Georges ainsi que tante Julie et mes cousins Marc et Antoine s'était installé à Nantes dans l'ancien appartement de notre cousine Margot. Ce n'était que des ragots qui intéressait mes parents tandis que moi, je jouais le long de la rivière. Je courais, partais, revenais. Et ainsi de suite sans jamais m'essouffler. J'entendais parfois mes parents rire, je les observait silencieusement en me cachant. Quand il s'embrassait, j'aimais pas ça ! Ce bisou gluant que racontait toutes les filles à l'école et qui les faisait tant rêver. Ça m'écœurait ! Je réprimais une grimace qui les faisait sourire alors que ma mère me prenait la main et que mon père m'ébouriffait les cheveux en disant que cela m'arriverait un jour d'être amoureux et d'embrasser une fille.

  • Jamais ! Répliquais-je, en boudant.


Je rigole encore de ses souvenirs qui ont marqué ma vie. Cette époque si insouciante où j'ai vécu petit garçon avant de grandir et m'épanouir. J'ai été amoureux et j'ai embrassé une fille bien après que mes parents aient pu le voir. C'est ainsi... La vie s'écoule comme un sablier, les souvenirs aussi.
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